
Ouvrage collectif : Anne M. Lovell, Stefania Pandolfo, Veena Das et Sandra Laugier
Face aux désastres
Une conversation à quatre voix sur la folie, le care et les grandes détresses collectives
Appareil scientifique
Face aux désastres
Parution le 18 /10/ 2013
153 x 220 mm, 208 p., illustré
EAN 9782916120386
Disponible aussi en version ebook (Fnac, amazon, Decitre...)
Une nouvelle anthropologie de la folie est en train de naître. Elle n’a plus pour centre de gravité l’étude critique de la répression des déviants et des anormaux. Non qu’elle s’en désintéresse. Elle les retrouve en analysant en détail la fragilité que tout un chacun ressent quand il s’efforce, au quotidien, d’incarner sa subjectivité : de trouver sa voix propre. La folie ainsi revisitée devient une menace pour tous, “une tragédie de l’ordinaire”. Elle surgit quand toute une forme de vie entre en crise – pas seulement le cerveau de tel individu malade, mais l’ensemble du monde social et naturel qu’il partageait avec autrui.Or rien ne révèle mieux cette tragédie de l’ordinaire que les désastres collectifs extraordinaires où la vulnérabilité foncière des êtres humains est mise à nu. La Nouvelle-Orléans ravagée par Katrina, les bidonvilles de Rabat ou de Delhi sont les théâtres paradoxaux où, dans la détresse et le dénuement, s’inventent de nouvelles manières d’exister et de s’exprimer, et des formes inédites d’attention à l’autre.Trois anthropologues et une philosophe explorent ici les terrains où cette façon inédite de considérer la condition humaine au prisme de la folie s’est imposée à elles avec force. Elles en tirent les conséquences politiques, éthiques et scientifiques, avec une rigueur nouvelle, en termes de care.
Anne M. Lovell anthropologue, est directrice de recherche émérite à l’Inserm au Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale et société (Cermes3). Ses recherches portent sur les mutations de la psychiatrie contemporaine, en particulier la prise en charge des traumatismes personnels et collectifs en contexte de pauvreté et de violence urbaine.
Veena Das est Krieger-Eisenhower Professor au département d’anthropologie de l’université Johns Hopkins à Baltimore. Ses études sur la violence, la pauvreté et les femmes dans l’Inde post-coloniale l’ont conduite à élaborer une théorie originale des processus de subjectivation, en lien avec les questions de santé et de santé mentale.
Sandra Laugier est professeure de philosophie à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Lectrice éminente de Wittgenstein, d’Austin et de Stanley Cavell, elle a beaucoup contribué à faire connaître et à développer, en collaboration avec des sociologues, la problématique du care.
Stefania Pandolfo est professeure d’anthropologie à l’université de Californie à Berkeley. Spécialiste du Maghreb et de l’islam, ses travaux, marqués par la psychanalyse et la phénoménologie, étudient l’émergence de nouvelles formes de subjectivité à l’ère postcoloniale.
