Violence et culture.
La vie sociale des pulsions
de Benjamin Lévy
Avec une préface de François Ardeven
"La théorie psychanalytique présente, en dépit de ses points aveugles, une gamme impressionnante de notions permettant de remonter aux sources intrapsychiques, non de la violence, mais de l’agressivité. Les pulsions et le Surmoi, le penchant à l’agression et l’emprise, le fantasme et le masochisme, la vulnérabilité du Moi et les exigences somatiques sont autant de balises. Encore faudrait-il saisir le cheminement suivant lequel l’agressivité singulière se socialise pour devenir une force collective, violente et brutale. Tel est bien l’enjeu de ce livre."
Violence et culture
- Parution le 07/05/2026
- 125 x 190 mm, dos carré collé, 136 p.
- EAN 9782490350896
La culture, d’après Freud, ne saurait apporter que des bienfaits. Elle civilise les humains et améliore leurs conditions de vie, car elle leur permet de subjuguer la nature. Freud rejette la violence du côté de cette nature barbare qu’il localise au-dehors comme au-dedans : les «sauvages» sont tapis dans la jungle, mais ils sommeillent aussi au cœur de l’humain.
Cette idéalisation de la culture par Freud, avec ses corrélats, ont longtemps paralysé le dialogue entre psychanalyse et sciences sociales. Certes nos tendances à l’agression dérivent de l’excitation pulsionnelle, mais la violence est un fait de culture. Des innovations techniques, ces outils nommés les armes, sont requises pour transformer notre agressivité en une force mise au service de projets violents et brutaux. Suivant des plans d’action concertés, la brutalité et la violence sont des pratiques socialisées.
Depuis le harcèlement jusqu’au meurtre, et de l’exclusion jusqu’à la ségrégation, il est donc permis d’explorer les voies suivant lesquelles la culture métamorphose notre agressivité tant en une violente force dominatrice qu’en une brutalité collective qui déshumanise ses cibles pour les exclure et, parfois, les anéantir.
Après des études en philosophie à l’École normale supérieure, Benjamin Lévy a soutenu une thèse en psychopathologie et psychanalyse à l’université Paris Diderot et obtenu le diplôme de psychologue clinicien.
Il exerce depuis plusieurs années comme psychologue et psychanalyste à Paris. Chargé d’enseignement à l’École des psychologues praticiens, il anime des séminaires à la Chaire de philosophie à l’hôpital.
Depuis 2014, il a participé à la traduction de plusieurs ouvrages publiés aux éditions Ithaque. Ses activités de recherche, en particulier sur l’interface entre droit, justice, psychanalyse et psychiatrie, l’ont conduit à rédiger des articles parus dans des revues spécialisées et grand public. Il a publié en 2022 L’Ère de la revendication aux éditions Flammarion.

